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Whisky Quickly #6 — 24 NOVEMBRE 2019

"Mais pourquoi faire des whiskies à 62.5% ?"

Cette question, c’est un de nos lecteurs qui me l’a posé cette semaine. Je vous partage ma longue réponse ci-dessous.

On parle aussi cette semaine d’une autre distillerie fermée qui rouvre, d’une sortie qui nous chauffe bien, et de quelques événements à venir.

Bonne soirée et à dimanche prochain,

Robin

#1 : 🥴

La vraie question que m’a posé Thierry cette semaine, la voici :

“Juste quelques mots pour vous parler de la dégustation des échantillons de la SMWS que j’ai partagé avec un ami amateur comme moi. Nous avons eu le même avis : ces whiskies sont très bons, surtout le Linkwood, mais trop forts* ; pourquoi un tel degré qui gâche le plaisir ?”

* Pour info, les trois whiskies dégustés par Thierry titraient à 49.1%, 60.6% et 62.5%.

Effectivement, la plupart des whiskies de la SMWS affichent des degrés bien supérieurs aux 40% qu’on voit sur de nombreuses bouteilles. La raison vient de leur volonté d’embouteiller des whiskies dans “leur plus pure expression”.

Lorsque le (futur) whisky sort de l’alambic après sa seconde distillation, il titre généralement à près de 70%. Il est mis en fût à ce degré-là. Puis année après année, son degré descend progressivement. Si bien qu’un whisky peut tout à fait atteindre les 40% après des décennies de maturation en fût (comptez au moins 30 ans, en Ecosse du moins).

C’est d’ailleurs quelque chose que suivent attentivement les maîtres de chai, car si par malheur, un vieux fût venait à passer sous les 40%, on ne pourrait plus l’appeler whisky et il perdrait une grande partie de sa valeur.

Mais pourquoi trouve-t-on des whiskies de 10 ans à 40% dans ce cas ?Grâce à la réduction. Comme le volume d’alcool est fortement taxé, et comme l’énorme majorité des consommateurs n’ont pas des palais prêts à recevoir des spiritueux titrant à 50% voire 60%, la plupart des distilleries abaissent le degré d’alcool lors de l’embouteillage, en ajoutant de l’eau.

Et voilà comment on descend généralement à des degrés de 40% tout rond, ou 43% ou 46%. En gros, si on observe sur une bouteille un degré de 40% à 46% avec une décimale à 0, il y a de fortes chances que le whisky ait été “dilué” lors de l’embouteillage. Surtout s’il s’agit d’un whisky relativement jeune.

Ainsi, un Lagavulin 16 titrera toujours à 43% quelle que soit l’année à laquelle vous l’achetez, alors que le degré de son petit frère de 12 ans varie selon l’année d’embouteillage (57,8% pour l’édition 2018). Ceci est dû au fait que le Lagavulin 12 n’a pas été réduit, il est embouteillé brut de fût, ou cask strength en anglais.

C’est aussi le cas des whiskies de la SMWS, qui a choisi de n’embouteiller que des whiskies brut de fût. Et en plus, les whiskies de la SMWS sont aussi issus d’un fût unique (single cask) alors que le Lagavulin 12 est un assemblage de plein de fûts de 12 ans de la distillerie.

En gros, quand vous dégustez un whisky de la SMWS, c’est comme si vous vous serviez directement dans un fût. Alors que notre Lagavulin 16 aura subit de multiples transformations “humaines” après sa sortie du fût : réduction à l’eau, filtrage à froid, et assemblage (pas forcément dans cet ordre).

[Vous pouvez relire un de nos articles sur les spécificités de la SMWS ici]

Pour revenir au degré alcoolique, il est vrai que ces whiskies brut de fût ne sont pas accessibles à chaque palais, mais selon moi :

  • c’est une question d’habitude ; par exemple, mon palais a désormais tendance à trouver qu’un whisky de 40% est trop léger — ce qui n’est pas une bonne chose pour autant !
  • ils offrent plus de possibilités aux amateurs : si vous trouvez un whisky trop fort, rien ne vous empêche d’opérer cette réduction vous-même en ajoutant un peu ou beaucoup d’eau (on est nombreux à faire ça lors des dégustations) alors qu’on ne peut rien faire face à un whisky qu’on trouverait trop léger.
 

#2 : 🆕

La sortie de la semaine, c’est justement un single cask brut de fût : un irlandais, un Green Spot.

Si vous nous suivez depuis la première heure, vous savez qu’on adore ces whiskies de la famille des “Spot” (on avait écrit un article sur eux en mars dernier).

Et c’est donc tout naturellement que cette sortie m’excite les papilles !

Malheureusement, c’est une sortie qui a lieu en tout petit comité, puisque les bouteilles ne sont disponibles que dans un seul bar à Dublin (en fait, je crois que le fût a été embouteillé exclusivement pour ce bar).

Peu de chances donc de pouvoir goûter ça, dommage. En même temps, le prix (£350) aurait surement calmé quelques ardeurs même si j’avais vécu à Dublin 😉

#3 : 👐

Il y a quelques semaines, on vous a longuement parlé de deux mythiques distilleries disparues qui vont réouvrir leurs portes l’an prochain : Brora et Port Ellen.

Eh bien cette semaine, c’est une autre distillerie fermée qui vient de faire la même annonce : Rosebank.

Propriété de Ian Macleod Distillers, cette distillerie des Lowlands (située entre Edimbourg et Glasgow) avait fermé ses portes en 1993. Une grande partie des équipements restants, donc les alambics, furent ensuite volés en 2008. Malgré tout, les travaux pour la réouverture ont débuté cette semaine !

Rendez-vous autour de l’été 2021 pour l’accueil des premiers visiteurs et surtout pour la reprise de la production de ce single malt aux trois distillation (chose très rare en Ecosse).

L’article complet est ici, en anglais.

#4 : 📅

Pour finir, quelques événements à venir dont on a entendu parler récemment :

À Toulouse, le Décanteur organisait mercredi dernier (dans un resto partenaire) un repas avec accord mets & whiskies. Effectivement c’est trop tard, mais ils organisent ça de temps en temps. Vous pouvez les suivre sur Facebook pour ne pas rater le prochain — on peut pas vous dire si ça vaut le coup, on n’y est pas encore allé.

À Toulouse encore, dégustation SMWS à venir le lundi 2 décembre. 16 places restantes. Julien devrait y être, pas moi.

À Toulouse toujours, le domaine de Lastours accueillera une le jeudi 5 décembre une dégustation libre de whiskies de Pernod-Ricard : Aberlour, Scapa et Tormore.

Enfin, on a ouïe dire qu’un nouveau salon du whisky se préparait pour la nouvelle année — et ce ne sera pas à Toulouse, mais à Nîmes ! Ça devrait être le 26 janvier ; on vous en parle lorsqu’on aura plus d’infos.

Ça vous a plu ?

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